Mood Tracker : comprendre ses émotions professionnelles

Dans un monde où les entreprises semblent parfois déconnectées des émotions de leurs employés, il est essentiel de trouver des moyens de comprendre et de gérer nos propres états émotionnels.

Dans cet article, je vous présente le Mood Tracker, un outil simple et efficace qui m’a permis de prendre conscience de mes émotions, de les comprendre et de faire un choix éclairé quant à mon avenir professionnel. 

Triste réalité

Il y a quelques mois, une stagiaire, venue participer à l’une de mes formations sur l’Agilité, me demande à la pause déjeuner : « L’ Agilité permet-elle de rendre les entreprises plus humaines ? »

Cette femme, qui est sur le point de prendre sa retraite, aborde, sans le savoir, un sujet qui me tient à coeur : redonner un sens humain à l’entreprise.

 

Défaut professionnel oblige, je me lance dans un questionnement itératif : « Vous pensez que les entreprises ne sont pas suffisamment humaines ? »

Elle me répond avec véhémence « Je ne sais pas, mais ici, les managers ne sont pas humains ! »

« Pourquoi ne le sont-ils pas ? » je lui demande.

Elle me dit : « Ils ne nous considèrent pas, ils ne pensent qu’aux résultats ».

 

Je continue à l’interroger pour comprendre la cause racine de son problème. Elle finit par me révéler quelque chose de grave. Elle me confie qu’il y a deux ans, elle a participé à un atelier collaboratif en présence de son manager. Qu’au début de la session de travail, ils ont réalisé un Ice Breaker : « la maison à personnages », exercice utilisé pour aider les participants à exprimer leurs émotions. Elle me dit qu’elle a choisit, ce jour-là, le personnage qui tombait, qu’elle avait fait ce choix pour signaler son mal-être.

L'Ice Breaker : « la maison à personnages »

Sauf que, depuis ce jour, son manager ne lui adresse pratiquement plus la parole. Il ne s’est pas entretenu avec elle après l’atelier et a fait sauter pratiquement tous ses One-One depuis. « Il attend sagement que je parte à la retraite », me dit-elle.

 

Cette histoire est malheureusement loin d’être un cas isolé. À travers elle, je pointe du doigt une évidence : les entreprises ne savent pas bien gérer les émotions de leurs employés.

Un nouveau poste, mais un mal-être grandissant

Cette femme en souffrance qui s’est confiée à moi lors de ce déjeuner m’a bouleversé car son récit a fait écho à un moment difficile de ma carrière.

 

Nous sommes en 2020, en plein COVID. Comme de nombreux français, je profite du premier confinement pour prendre du recul sur ma vie professionnelle. Je décide alors, après dix années de bons et loyaux services, de démissionner. Je démarre un nouveau poste de responsable de pôle au sein d’une société de transport, mettant de côté ma casquette de coach agile.

 

La mission qu’on me confie est passionnante et l’équipe fort sympathique. Malgré tout, après quelques mois d’exercice de ma fonction, un sentiment de mal-être grandit en moi. J’ai l’intuition de ne pas être à ma place. Mon moral est en berne ; je ne me reconnais plus, moi qui d’habitude regorge d’énergie.

La découverte du pouvoir des émotions

Une amie qui s’intéresse à la psychologie positive, à qui je confie mon mal-être au travail, me demande de lui parler de mes émotions, elle me demande : « Tu ressens quoi chaque soir après ta journée de travail ? »

Je réfléchis longuement avant de balbutier : « Je ressens du dégoût ! »

Et quand elle me demande pourquoi, je ne sais pas quoi répondre.

 

Deux semaines plus tard, quand je revois mon amie, elle me tend un Mood Tracker imprimé sur une feuille A4 et comme un défi qu’elle me lance, me dit : « Avec cet outil, ta vie va changer ! ».

 

Et elle avait raison !

Tous les soirs, après ma journée de travail, je griffonne mon Mood Tracker avec assiduité. Je commence par prendre un temps pour observer ce qui se passe en moi. Je m’interroge : « Quelle émotion me traverse en ce moment ? Est-ce de la joie ? De la colère ? Suis-je fatigué ? Confus ou triste ? etc. »

Et à chaque fois, j’identifie l’évènement qui a déclenché mon état émotionnel du jour.

 

Quelques mois s’écoulent et je finis par faire le lien entre mes états émotionnels et les évènements en cause. Je comprends que je suis en joie quand, dans ma journée, j’ai coaché mon équipe et je découvre que ma tristesse et ma colère sont dues à des activités qui ne me plaisent plus d’exercer : faire de la technique ou du commercial.

L’action que je dois prendre pour aller mieux devient évidente : je dois changer de métier pour faire ce qui me plaît réellement. J’ai fini par démissionner pour intégrer, en tant que coach cette fois-ci, un cabinet de conseil spécialisé dans la performance des entreprises. 

Découvrez le pouvoir du Mood Tracker et apprenez à mieux comprendre vos émotions pour une vie professionnelle épanouissante.

La richesse des émotions : des indicateurs précieux pour notre bien-être

En remplissant chaque jour le Mood Tracker, j’ai pris conscience que les émotions faisaient partie intégrante de notre expérience humaine et qu’elles jouaient un rôle essentiel dans la façon dont nous pensions, agissions et interagissions avec le monde qui nous entoure.

 

Paul Ekman, l’un des spécialistes les plus influents dans l’étude des émotions, affirme qu’il y a six émotions de base universelles dont les expressions faciales sont facilement reconnues à travers toutes les cultures : la joie, la tristesse, le dégoût, la peur, la colère et la surprise.

 

Ces émotions sont des réactions automatiques et instinctives à des stimuli internes ou externes. Elles peuvent être déclenchées par des événements, des pensées, des souvenirs, des interactions sociales, des expériences sensorielles, etc.

 

En psychologie, on appelle « émotions positives » celles qui sont associées à des pensées et sensations agréables (amour, joie, gratitude, sérénité, intérêt, espoir, fierté, amusement, inspiration, admiration, etc.) et « émotions négatives » celles qui sont associées à des pensées et sensations désagréables (stress, peur, colère, angoisse, honte, tristesse, culpabilité, etc.). Cela ne signifie pas que les émotions dites « négatives » sont « mauvaises ».

 

Toutes les émotions sont utiles et essentielles. Elles sont toutes porteuses d’un message, d’une information.

 

Ce sont comme des panneaux de signalisation. Une émotion négative est un peu comme un panneau « STOP » ou « ATTENTION DANGER ». Elle nous informe qu’il y un problème et qu’une action doit être menée. C’est un signal qui avertit que nous devons changer quelque chose pour nous sentir bien à nouveau (car un besoin n’est pas satisfait)1.

Peut-on exprimer nos émotions dans la sphère professionnelle ?

Si je ressens des émotions tout au long de la journée et si les émotions, porteuses d’un message, influencent autant mon comportement, pourquoi sont-elles si peu exploitées dans la sphère professionnelle ?

Dans les entreprises, le sujet semble tabou. Rares sont les managers qui, par exemple, demandent à leurs employés comment ils vont vraiment, ce qu’ils ressentent au fond d’eux.

 

Mon expérience personnelle m’a fait comprendre que nous étions responsables de nos émotions.

Si un collègue me coupe la parole en réunion, je peux décider de mal le prendre, de douter de mes compétences et d’être triste pour cela. Mais, je peux également choisir de ne pas le prendre personnellement et de ne ressentir aucune frustration. Je suis l’unique responsable des émotions que cet évènement provoque en moi.

C’est ce qui rend l’expression de nos émotions si difficile à mon avis. Comment faire la part des choses entre les faits et les émotions qui nous sont propres. Comment exprimer nos ressentis sans que l’autre se braque ?

 

Sans entrer dans la sphère privée de chacun, la prise en compte des émotions individuelles nous aide pourtant dans la compréhension des comportements visibles.

 

Par ailleurs, les recherches scientifiques montrent qu’en situation de stress élevée, les personnes qui retrouvent le plus rapidement un état stable sont celles qui ont pu identifier et nommer sans entrave leurs émotions. L’imagerie médicale illustre qu’exprimer ses émotions diminue quasi immédiatement la puissance des émotions négatives, améliorant le bien-être et renforçant la capacité à prendre de bonnes décisions. 

 

De plus en plus d’entreprises forment leurs employés à la CNV (Communication Non Violente) et/ou cherchent à développer l’Intelligence Émotionnelle de leurs employés. Ces actions sont bienvenues, elles permettent de créer un environnement de travail plus sain et plus productif.

Connais-toi toi-même !

En attendant la libération des émotions en entreprise, comment prendre soin de soi ?

 

Revenons à l’histoire terrible que m’a confiée cette femme qui, à quelques mois de la retraire, continue de se rendre au travail avec la boule au ventre. Que peut-elle faire pour aller mieux ? Vers qui peut-elle se tourner pour être entendue, sinon vers elle-même dans un premier temps ?

 

Je suis retourné voir cette personne, et lui ai tendu un Mood Tracker, comme l’avait fait mon amie avec moi. Je lui ai dit qu’elle avait le droit de finir sa carrière dans la joie.

Elle s’est engagée à prendre du temps chaque soir pour identifier ses émotions et nous avons convenu d’un RDV dans quelques semaines pour une séance de coaching. Ensemble, nous irons à la rencontre de ses besoins puis je l’accompagnerai dans la mise en place d’une stratégie pour qu’elle renoue le contact avec son manager.

 

Ainsi, la première étape du coaching Bien-Être & Performance que je propose est de reconnaître et comprendre ses émotions.

 

Pour prendre conscience de vos émotions, pour vous aider à les identifier et à les comprendre, je vous propose de télécharger gratuitement le Mood Tracker que j’utilise depuis des années. Il fonctionne avec moi, alors pourquoi pas avec vous ?

Découvrez le pouvoir du Mood Tracker et apprenez à mieux comprendre vos émotions pour une vie professionnelle épanouissante.

Questions de sens

 

    • Vous est-il déjà arrivé de ressentir de la peur à l’idée de prendre de nouvelles responsabilités ?
    • De ressentir de la colère à l’encontre d’un collègue qui s’est approprié le succès d’un projet ?
    • De ressentir de la tristesse à l’idée de voir partir un collègue avec lequel on s’entendait bien ?
    • D’être en joie en apprenant une nouvelle nomination ?
    • À chaque fois, avez-vous eu l’occasion d’exprimer vos émotions ?

Ne laissez plus vos émotions professionnelles vous submerger. Vous aussi, commencez à transformer votre vie professionnelle en prenant soin de vous et de vos besoins émotionnels.

1 Sarah Allard, I Feel Good, Larousse, 2022.